LES YEUX DE L'

LES YEUX DE L'ARTILLERIE.

 

Les savants et les militaires ont compris depuis longtemps qu'un ballon captif peut être un excellent outil pour observer les champs de batailles.

Le 2 avril 1794, une compagnie d'aérostiers est créée sous les ordres de Jean-Marie Coutelle, et le 2 juin1794, "l'Entreprenant" s'élève au-dessus de la ville de Maubeuge assiégée par les Autrichiens.

Le 26 juin 1794, les Aérostiers contribuent à la victoire de Fleurus sur les Autrichiens en renseignant l'état-major du général Jourdan (cette victoire ouvre la Belgique à la France)

Au cours de la Première Guerre Mondiale, après la stabilisation du front, l'artillerie prend une importance de premier plan. Ses perfectionnements imposent des processus de repérage et d'observation de plus en plus élaborés et ingénieux.

Si les avions sont les précieux auxiliaires de l'artillerie, le ballon captif est très employé. Les modèles français, allongés, de grande taille, sont baptisés "saucisses", et les modèles allemands, "Drachen" (dragons). Ces derniers pullulent devant Verdun, en chapelet d'une cinqualntaine d'unités sur un front de 50 kilomètres.

Equipés de puissantes jumelles, les observateurs surveillent une bonne partie du front, transmettant au sol, par téléphone, les objectifs à bombarder.

A proximité des prermières lignes, ces équipements ne sont pas utilisables. Alors, les observateurs dépensent des trésors d'ingéniosité pour atteindre leur objectif. Un pan de mur encore debout, une cheminée, un tronc d'arbre creusé, constituent d'excellents postes d'observation au sommet desquels on accède par une échelle mobile à coulisses. Certains astucieux, durant la nuit vont même jusqu'à enlever un arbre mort pour le remplacer par une copie en tôle d'acier à l'épreuve des balles. Il faut savoir que, systématiquement, tout arbre encore debout est la cible des tireurs d'élite.

A partir d'un abri creusé dans le sol, l'artilleur peut observer l'ennemi grâce à un périscope dissimulé derriére un tronc d'arbre mince.

En cas d'attaque violente, toutes ces trouvailles deviennent souvent inutilisables, à cause de la fumée épaisse dégagée par les explosifs. Alors, le seul "outil" efficace en de pareilles circonstances est l' HOMME, cet héroïque "coureur" portant, au péril de sa vie, un message écrit à la hâte au Poste de Commandement de l'Artillerie devenue aveugle.

(D'après "L'uniforme et les armes des soldats de la guerre 1914-1918" de Liliane et Fred Funcken, Tome 2, Cavalerie-Artillerie-Génie-Marine-Services divers. Casterman. 1971.)

Les saucisses.

Pour observer

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